Coupes sombres
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De Guy Zilberstein

Mise en scène et interprétation :
Anne Kessler (de la Comédie-Française),
et
avec Serge Bagdassarian (de la Comédie-Française) et Pierre Hancisse

Lumière : Arnaud Jung

 

C’est le coup de burin final.
Sur scène : l’auteur de la pièce et sa metteuse en scène s’expliquent, se défient. Drôles de vacheries et règlements de compte. À travers les coupes à faire ou à éviter, les questions se posent de la place de l’autre et du respect du prochain.

 

Comme sur un ring, ou dans une cocotte-minute : sur scène, rassembler l’auteur de la pièce et sa metteuse en scène. Les laisser seuls. Duel autour d’une réplique que l’un veut garder, que l’autre veut couper. Leur pièce en question pourrait durer plus de cinq heures. Il faut amputer. Vacheries et règlements de compte. En régie, un technicien témoin de la guerre, dérisoire et vitale, se décourage. En fond de scène, un bûcheron cite La Fontaine et Ronsard, il donne des leçons de coupes, explique la différence entre les « sombres » et les « claires ». L’auteur se transforme en homard eczémateux et la metteuse en scène se laisse prendre par l’émotion. Leçon de théâtre et de vie. À travers les coupes sombres, à faire ou à éviter, les questions se posent de la place de l’autre et du respect du prochain.

Anne Kessler, metteuse en scène, comédienne sociétaire de la Comédie-Française, réunit ses camarades du Français. Elle donne au Rond-Point sa vision de son art. Guy Zilberstein est scénariste, adaptateur notamment de La Ronde de Schnitzler, auteur des Naufragés et scénographe du spectacle Des fleurs pour Algernon, qui valut à Anne Kessler le Molière du spectacle privé. Le technicien, le personnage, l’auteur et la metteuse en scène : quatre figures du théâtre dans Coupes sombres s’imposent comme les quatre coins des petits-beurres : indispensables, délicieux, mais indissociables pour que le biscuit tienne un peu ensemble. 

Pierre Notte