Le Lauréat
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- France 2 : TéléMatin, 12 mars 2018

LesEchos Un « Lauréat » très frais au théâtre Montparnasse
Stéphane Cottin offre une version théâtrale enjouée du film culte de Mike Nichols. […] Arthur Fenwick campe un brillant « Graduate ».
Adapter des films au théâtre est dans l'air du temps. Le défi est de taille quand il s'agit de monuments du septième art. On pouvait tout craindre de ce « Lauréat », mis en scène par Stéphane Cottin au théâtre Montparnasse. Le long-métrage culte de Mike Nichols (1967) est une oeuvre sensible et ambiguë, qui marque le basculement de la comédie US formatée des années 1950-60 à celle déjantée des années 1970. Le trio Dustin Hoffman (Ben Braddock, le Lauréat), Anne Bancroft (Mrs Robinson) et Katharine Ross (Elaine Robinson) est à coup sûr indépassable... Pourtant, le metteur en scène et vidéaste, en s'appuyant sur la version scénique de Terry Johnson, parvient à en faire un spectacle plaisant et allègre.
Stéphane Cottin la joue modeste. L'intrigue - un jeune diplômé en crise tombe dans les griffes d'une cougar désabusée et alcoolique avant de tomber amoureux de sa fille fraîche et naïve - n'est pas transposée de nos jours au forceps. Et l'évocation de la Californie des sixties, très stylisée, évite les clichés. Une tournette cylindrique révèle les quinze lieux de la pièce : chambres d'hôtel ou d'étudiant, bars, chapelle... Des vidéos discrètes assurent le lien entre les scènes. Quant à la bande-son, habile détournement de la B.O. de Simon & Garfunkel, elle accentue finement le décalage avec le film.
Hilarante Françoise Lépine
[…] Le spectateur se concentre sur le jeu intense, tout en nuances, d'Arthur Fenwick, craquant « Graduate », et sur celui, confondant de naturel, d'Adèle Bernier (Elaine). Dans un style plus burlesque et volontiers boulevardier, Marc Fayet (Mr Braddock) et Jean-Michel Lahmi (Mr Robinson) assurent. Quant à Françoise Lépine, elle est une hilarante Mrs Braddock (et une fringante « danseuse de poteau »).
Ce « Lauréat », joué comme une farce mélancolique, ne manque pas de charme. Et vu que le duo de jeunes comédiens rafle la mise, le spectacle met bien en relief le sens de l'oeuvre - célébrer l'avènement d'une génération nouvelle en rupture avec les conventions de l'American way of life. « The Times They Are a-Changin' » sur la scène du Montparnasse.
Philippe Chevilley, Les Echos, 21 février 2018



LeParisien4 étoiles Jeune homme juste diplômé, Benjamin s'inquiète d'un avenir tout tracé. Lors d'une fête donnée en son honneur, Mrs. Robinson, amie de ses parents et alcoolique mondaine, s'offre à lui. Il succombe... Pour son retour au théâtre, Anne Parillaud ne s'est pas trompée en choisissant « Le Lauréat ». Mise en scène pleine d'astuces de Stéphane Cottin, décors et lumières sublimes, utilisation juste de la musique et de la vidéo, cette comédie de mœurs adaptée du film qui a lancé Dustin Hoffman est formidable. Visuellement élégante et remarquablement distribuée. Arthur Fenwick est un épatant lauréat, drôle et pathétique. […]
Sylvain Merle, Le Parisien, 26 février 2018


Figaroscope 4 coeurs Le Lauréat au théâtre: Arthur Fenwick, un jeune homme irrésistible face à Anne Parillaud
L'adaptation du film est plaisante. Anne Parillaud, très star, est séduisante. Mais c'est le talent ébouriffant d'Arthur Fenwick dans la partition de Benjamin qui donne des ailes à la représentation, sur fond de musiques nostalgiques.
Attention, film de légende ! Film culte qui n'a pas pris une ride. Il date de 1967 et son action se passe trois ans plus tôt, en Californie. Mike Nichols, qui venait de tourner Qui a peur de Virginia Woolf ?, reçut l'Oscar du meilleur réalisateur en 1968 pour ce film enlevé et leste. Dustin Hoffman, Benjamin aussi timide qu'audacieux, allait être propulsé au firmament par ce premier rôle important. Anne Bancroft, excellente, n'avait que 36 ans. Tous deux furent nommés aux Oscars. Entre eux, la jolie Elaine de Katharine Ross, éclaboussante de jeunesse. Et puis, bien sûr, une inoubliable bande-son, avec les chansons de Simon et Garfunkel, et en particulier Mrs Robinson.
On pouvait craindre qu'une adaptation théâtrale n'écrase le scénario composé habilement d'après le roman de Charles Webb. Un roman d'apprentissage… Or la version française de Christopher Thompson est fluide et la mise en scène de Stéphane Cottin qui a imaginé, avec Catherine Bluwal, un décor tournant ingénieux, ajoute à ce sentiment de vitesse. Des séquences brèves, des changements de lieux avec parfois, en appui, des moments de vidéo. Pour les scènes de piscine et de voiture, en particulier.
Désesperée et alcoolique
Trois comédiens se partagent une douzaine de rôles. Françoise Lépine fait notamment le grand écart entre la sérieuse Mrs Braddock, maman du jeune diplômé, et une stripteaseuse déjantée ! Marc Fayet, son époux, Jean-Michel Lahmi, le mari trompé, s'amusent en composant d'autres personnages.
La version française de Christopher Thompson est fluide et la mise en scène de Stéphane Cottin qui a imaginé, avec Catherine Bluwal, un décor tournant ingénieux, ajoute à ce sentiment de vitesse.
Elaine a le joli minois et le jeu tout en finesse d'Adèle Bernier. C'est une jeune fille brillante et engagée, sensible à son temps. Elle se bat pour les droits civiques, réfléchit à ce qu'elle étudie, milite contre la guerre. Une très belle figure de femme portée par cette époque de libération.
Rien n'allait ainsi au temps de la jeunesse de sa mère. Une femme était plutôt soumise, sinon prisonnière. Mrs Robinson est une rétive. Mais tendance neurasthénique et alcoolique. Par ennui sans doute, par goût de la provocation aussi, elle séduit Benjamin. La belle Anne Parillaud suggère le désespoir profond de cette femme, par-delà sa dureté, la raideur de ses manières de s'exprimer. Fêlure, chagrin la tourmentent sur fond de sensualité entreprenante : l'éducation de Benjamin est rondement menée…
Un peu déboussolé, très embarrassé, puis prenant goût à une relation d'abord clandestine qui a les saveurs de l'interdit, il a bien du charme. Arthur Fenwick, dont on connaît le talent sûr, offre à ce personnage une palette très étendue. Ses apparitions sont vraiment jubilatoires. Tout est joué. Il ne manque pas une note. Arthur Fenwick est irrésistible. Un rôle pour lui !
Pas plus qu'il ne manque une note de musique avec une bande-son très présente, mais qui ne recopie pas celle du film. Malin ! Toutes générations confondues, on ne résiste pas à Simon and Garfunkel… ou à Lou Reed.
Armelle Héliot, Le Figaro, 5 mars 2018


Point de vue3 étoiles Premier prix
Benjamin Braddock, fraîchement diplômé, refuse de sortir de sa chambre pour rejoindre les invités de ses parents venus le féliciter. Le jeune garçon boude… avant d’ouvrir sa porte par inadvertance à Mrs Robinson, épouse d’un ami de son père. Alcoolique lassée, cette dernière lui demande de lui défaire sa robe. Un monde inconnu s’offre alors au jeune lauréat. Sur le ton de la comédie, cette adaptation du film de 1967 surprend par son rythme enlevé et sa savoureuse bande-son d’époque. Arthur Fenwick est virevoltant, Anne Parillaud troublante et une mention spéciale à Françoise Lépine, irrésistible dans son double rôle.
J. C., 7 mars 2018


Figaro Prix d'excellence pour Le Lauréat
Le film culte de Mike Nichols passe très bien la rampe. Avec Anne Parillaud et Arthur Fenwick, épatants.
Lorsqu’il sortit à 67 aux Etats-Unis, Le Lauréat avais tout pour séduire. L’initiation sexuelle d’un dadais de 20 ans par une femme mûre, alcoolique et désenchantée, sur fond de rêve américain errodé par la guerre Vietnam était moins âpre qu’une pièce de Tennessee Williams. Le film avait l’alacrité des jeunes filles s’émancipant, la force du mouvement pour les droits civiques, le charme du « flower power » à ses premières éclosions. Le tout inondé des chansons de Simon et Garkunkel. Mrs Robinson a 40 ans pour toujours !
On pouvait craindre qu’une adaptation scénique n’appauvrisse ce film culte adapté d’un roman de Charles Webb, qui valut à Mike Nichols l’Oscar du meilleur réalisateur en 1968 et des nominations pour Dustin Haffman et Anne Bancroft. Mais ce Lauréat passe très bien la rampe.
Dans un décor tournant qui donne un mouvement rapide à la représentation enrichie de vidéo, la version théâtrale française de Christopher Thompson d’après Terry Johnson est particulièrement plaisante. Il y a six comédiens sous la direction de Stéphane Cottin. Trois se partagent une dizaine de rôle avec allégresse et talent. Françoise Lépine, Marc Fayet, Jean-Marie Lahmi sont épatants. Les trois autres constituent le nœud tragique et cocasse : la charmante Adèle Bernier succède à Katherine Ross, en Elaine, la jeune fille, intelligente, politisée, horrifiée de découvrir que son copain a couché avec sa mère. Anne Parillaud, très star, très belle, dessine une Mrs Robinson dont l’autorité sans partage cache mal les blessures. Il y a plus de souffrance que de whisky, plus de blessures que de perversité en elle.
Les rivales ne sauraient rien refuser à Benjamin, et on les comprend. La salle du théâtre Montparnasse en pense pour Arthur Fenwick, quelqu’un connaît depuis une dizaine d’années et qui trouve ici un rôle formidable, de la gravité à l’espièglerie, de la sincérité à la mauvaise foi, du courage à la lâcheté. Il est d’une mobilité, d’un humour, d’une précision qui enchantent. Il a 30 ans, mais il est la jeunesse sans défense et la jeunesse qui se rebiffe ! Il a du charme à revendre.
La bande son est diabolique. On baigne dans une atmosphère années 1960-1970, sans recopier le film. Un peu de Beatles, une touche de Lou Reed, des bouffées du Velvet Uunderground. Simon and Garfunkel, bien sûr, mais dans des versions différentes. Cela ajoute au charme.
Armelle Héliot, 28 février 2018


Paris MatchAlors, Anne Parillaud est comment sur scène ? Vénéneuse !
Anne Parillaud reprend, pour sa première expérience au théâtre, le rôle de Mrs Robinson dans une adaptation sur scène du «Lauréat».
C’est sa première expérience théâtrale, et c’est une réussite. Anne Parillaud reprend le rôle que tenait Katharine Ross dans «The Graduate» («Le Lauréat») face à Dustin Hoffman dans les années soixante.
C’est l’histoire d’une belle femme d’expérience, Mrs Robinson, un peu destroy, un peu portée sur le whisky, un peu naïf qui vampe un naïf étudiant et l’attire dans ses filets. Enfin, dans son lit, surtout. Puis, après avoir succombé, l’ex-puceau reprend du poil de la bête, si l’on peut dire, lorsqu’il s’intéresse à la fille de Mrs Robinson...
C’est l’histoire d’une belle femme d’expérience, Mrs Robinson, un peu destroy, un peu portée sur le whisky, un peu naïf qui vampe un naïf étudiant et l’attire dans ses filets. Enfin, dans son lit, surtout. Puis, après avoir succombé, l’ex-puceau reprend du poil de la bête, si l’on peut dire, lorsqu’il s’intéresse à la fille de Mrs Robinson...
Dans ce rôle de grande désenchantée glamour, Parillaud subjugue. Sa silhouette gracile et musclée, sa distinction naturelle, sa voix suave qui ne «théâtralise» pas imposent un silence impressionnant. En face d’elle, le jeune Arthur Fenwick est à la fois touchant et bluffant d’énergie, de rage et de drôlerie. Ils sont entourés de brillants seconds rôles qui assument plusieurs personnages selon les scènes.
Et c’est là le talent de la mise en scène et de l’adaptation qui transforme un film de 2h30 –et un gros roman– en une pièce d’une heure et demie. Avec des scènes courtes et des vidéos, de la musique évocatrice de ces années-là (Simon & Garfunkel !), des décors pivotants et de magnifiques costumes vintage, le texte de Christopher Thompson sonne ultra-moderne et percutant. D’ailleurs, j’ai trouvé les personnages beaucoup plus crédibles que dans le film. La salle est d’ailleurs suspendue aux péripéties, et applaudit trois rappels à la fin.
Dans sa loge, Anne Parillaud s'avoue heureuse, pointant avec justesse que «malgré sa jeunesse, mon partenaire a une plus grande expérience de la scène que moi!» Elle risquait gros, mais le pari est largement réussi. D’ailleurs, maintenant que ses trois enfants sont grands (le dernier a 16 ans), Anne peut tranquillement s’adonner à ses plaisirs noctambules. Elle a fini l’écriture d’un roman qu’elle entend bien adapter à la scène, avec elle-même dans le rôle principal !
Catherine Schwaab, Paris Match, 15 février 2018