Le Lauréat
Accueil La mise en scène : Stéphane Cottin Presse Presse web Espace Pro

Note d'intention


Brillant élève, tout juste diplômé de high school, Benjamin Braddock vient d’intégrer avec les honneurs la prestigieuse université de Yale. Parfait rejeton de la « upper class » californienne, le jeune homme à tout pour être heureux et peut envisager sereinement sa vie future… Pourtant quelque chose cloche. Quelque chose manque. Quelque chose qu’il n’arrive pas à définir clairement mais qui résonne comme un manque de sens terrifiant de son existence. Un manque qui l’angoisse et le paralyse.
C’est à ce moment crucial de sa vie de tout jeune adulte qu’une amie de la famille, Mrs Robinson, alcoolique notoire ayant plus de deux fois son âge, s’offre à lui avec autant de soudaineté que de désinvolture. Choqué, saisi, le jeune homme se refuse d’abord puis fini par accepter l’impensable proposition. S’ouvre alors devant lui une porte dont il ne sait si il s’agit d’une issue de secours ou d’une voie sans issue…
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Tirée du célèbre chef-d'oeuvre du cinéma américain, dont elle restitue parfaitement  les qualités, la pièce de Terry Johnson dépasse de loin la simple transposition de scénario et possède une théâtralité intrinsèque jubilatoire. La forme littéraire du texte est remarquable : des phrases courtes, un rythme soutenu de bout en bout, un sens exceptionnel des fins de scènes. Terry Johnson a tiré la quintessence du film (et du roman de Charles Webb) pour écrire une pièce de théâtre à part entière, à la fois touchante, drôle et corrosive.
Au-delà de l’implacable et hilarante comédie de mœurs sur l’ «upper class»  américaine des années soixante, la pièce donne à voir des personnages luttant, chacun à leur manière, pour s'échapper d'un destin qui semble avoir été tracé pour eux sans autre alternative. Cette lutte pour s’affranchir des carcans moraux et sociétaux, ce refus de renoncer à soi-même, cette aspiration à un bonheur qui ne serait pas dicté par un modèle dont on pressent confusément l’obsolescence a de quoi toucher, aujourd’hui plus que jamais, le plus grand nombre.
Avec une distribution resserrée, faisant la part belle tant au glamour qu’à l’humour nous nous attacherons à faire coexister délicatesse d’interprétation, force psychologique et comique de situation. Tout en conservant le contexte des années soixante, nous nous appliquerons, en outre,  à tirer un trait d’union subtil entre cette époque et la notre par nos choix scénographiques, visuels ou  musicaux. Il nous importe notamment que le dispositif scénique soit ludique, symboliste et surtout rapide dans sa mise en œuvre afin de ne pas alourdir la représentation et accompagner avec fluidité le rythme enlevé de l’écriture.
Utilisant les outils et les codes spécifiques de la représentation scénique, nous travaillerons ainsi à faire de ce grand classique cinématographique (dont nous allons fêter le cinquantenaire en 2018) un grand classique théâtral. Il en a, à n’en pas douter, les qualités fondamentales, comme toutes les grandes histoires.

Stéphane Cottin

Biographie


Stéphane Cottin mène, depuis plus de vingt ans, une carrière singulière et protéiforme dans des univers théâtraux très variés. Son tempérament de « touche-à-tout » et le hasard des rencontres l’ont en effet conduit à tenir un grand nombre de postes du spectacle vivant, au sein de nombreuses productions. Acteur, créateur lumière, créateur sonore, vidéaste, il profite de chaque expérience pour enrichir une approche globale de l’artisanat théâtral sur lequel se fonde son travail de metteur en scène. Il a notamment mis en scène « Les Combustibles » d’Amélie Nothomb au Théâtre Daniel Sorano de Vincennes et au festival d’Avignon , « Marco Polo et La Princesse de Chine », un opéra pour chœur d’enfants d’Isabelle Aboulker au CREA-centre d’éveil Artistique d’Aulnay sous Bois, la pièce musicale « Les Indifférents » au Théâtre de l’Œuvre ainsi que « Les Cancans » de Carlo  Goldoni au Théâtre 13. En collaboration avec José Paul, il met en scène plusieurs pièces : « L’un dans l’autre » de Marc Fayet au Petit Théâtre de Paris, « Sans mentir » de Xavier Daugreilh au Théâtre Tristan Bernard et « Qui est Monsieur Schmitt » de Sébastien Thiéry au théâtre de la Madeleine, avec Richard Berry. En Mars 2016 il crée en résidence au théâtre de Saint Malo « Tendresse à quai » de et avec Henri Courseaux qui sera repris au studio Hébertot en septembre 2018.
Sa dernière mise en scène, « Fratelli » de Dorine Hollier, avec Henri Courseaux et Jean-Paul Farré, a remporté un large succès public et critique au dernier festival d’Avignon.
Il mène de front une carrière d’acteur, notamment dans les spectacles de Christophe Lidon sous la direction duquel il vient de créer « Un fil à la patte » de Georges Feydeau aux côtés de Catherine Jacob, Dominique Pinon et Yvan Le Bolloc’h.
Parallèlement il continue sa recherche de vidéaste et signe de nombreuses scénographies numériques dont celle de « La Garçonnière » au Théâtre de Paris (spectacle nommé aux Molières 2017 pour la meilleure création visuelle) et tout dernièrement le dispositif vidéo de « Ramses II » au Théâtre des Bouffes Parisiens.