Confidences
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FigMag La famille a de tout temps, d’Eschyle à Florian Zeller, nourri le théâtre, la tragédie comme la comédie. C’est un thème idéal. Toutes les passions humaines y sont rassemblées. La saison qui s’ouvre nous en donne un nouveau témoignage. […] Confidences, une comédie américaine très bien adaptée par Eric-Emmanuel Schmitt. Ici on est dans la bienveillance, fût-elle artificielle. Tout pour sauver la famille. Une famille unie et paisible. Le milieu est bourgeois. Le fils avoue un jour à son père qu’il trompe sa femme. Le père confie ce secret à son épouse, qui prend en charge le problème. Elle parvient à convaincre son fils de mettre fin à cette liaison qui détruirait l’équilibre familial, en invoquant l’exemple de son propre couple. Elle avait elle-même secrètement vécu cette situation. Cet aveu, c’est-à-dire la vérité, permet à la morale de triompher.
[...] Elle est très habilement mise en scène par Jean-Luc Moreau et joliment incarnée par le délicieux Alain Doutey, et Marie-Christine Barrault, mère tendre et pacifique, épanouie et rassembleuse, entourés par le charmant couple Arthur Fenwick-Claudia Dimier.
Philippe Tesson, 22 septembre 2017


LeGrandTheatre Marie-Christine Barrault, Alain Doutey,
le grand jeu

Ils sont les parents d'un homme encore jeune dans un moment de crise. Ils sont épatants et leurs jeunes partenaires, Arthur Fenwick et Claudia Dimier ne déméritent pas. Et Jean-Luc Moreau signe une mise en scène tonique.
On ne connaît pas bien l'auteur américain Joe Di Pietro, né en 1961. Il est surtout auteur de "musicals" et dans cette voie, il a obtenu nombre prix outre-Atlantique.
Eric-Emmanuel Schmitt, qui signe l'adaptation de cette comédie sentimentale allègre, la situe de nos jours, en France. On reconnaît son style. C'est vif et efficace. Le public rit beaucoup.
L'argument est simple. Un père (Alain Doutey) et son fils (Arthur Fenwick) sortent d'une séance de tennis. Dans les vestiaires, le rejeton s'effondre et avoue à son paternel qu'il a une liaison avec une toute jeune femme.
Son épouse est pourtant bien mignonne et dévouée (Claudia Dimier). Elle s'occupe de lui et de leur petite fille de trois mois qui se prénomme... Cléopâtre.
La crise va se dénouer lors d'un goûter chez les parents. C'est la maman, la lumineuse maman (Marie-Christine Barrault) qui va intervenir en trouvant le fil qui va mettre tout le monde d'accord, pour un moment au moins...
La comédie est très ténue et, ici, c'est la mise en scène et l'interprétation qui donnent de la saveur à la représentation.
Jean-Luc Moreau s'y connaît. Il donne de l'alacrité à des scènes qui pourraient être un peu convenues. Et puis il dirige parfaitement les comédiens.
Claudia Dimier est juste, sensible, très mignonne, comme il convient dans ce genre de divertissement. Arthur Fenwick a beaucoup de personnalité, de présence. Il est très mobile ce qui va très bien à son personnage d'homme qui s'égare et risque de briser son mariage pour pas grand-chose : une belle fille !
Marie-Christine Barrault éclaire de sa présence sensuelle et maternelle à la fois le spectacle. On connaît son charme, son sens des nuances. Elle est émouvante et elle est le grand personnage de la pièce.
Alain Doutey est épatant. Un très grand interprète, dans une partition à laquelle il donne une épaisseur humaine très intéressante. Il va, il virevolte, il est soudain abattu, il est formidable. Un jeune homme sur un plateau !
Bref, vous l'aurez compris, une petite comédie divertissante et drôle, qui vaut par son acidité sympathique.
Armelle Héliot, Le Grand Théâtre du monde, critique au Figaro, 4 septembre 2017


SpectacleSélection« Toute chose n’est pas bonne à dire », même lorsqu’un couple est uni. Celui que forment Georges et Florence a su esquiver les écueils, chacun croyant en la sincérité de l’autre. Mais lorsque, pour la première fois, Georges bat son fils au tennis, lui et Florence « traitent l’information ». Maxime a manifestement la tête, voire le cœur ailleurs, d’autant que sa jeune épouse Amélie, récemment maman, tend à oublier son rôle de femme pour se consacrer à celui de mère. L’aveu, long à formuler, consterne quelque peu les parents, surtout quand Amélie, consciente de son comportement vis-à-vis de Maxime, leur confie la surprise qu’elle vient de lui ménager. Il est urgent de faire comprendre au fils chéri que la tentation d’assouvir « une satisfaction narcissique », est un danger inutile. Après un temps d’hésitation, Florence se décide à prendre le risque d’avouer ce qu’elle a soigneusement caché jusque-là pour inciter Maxime à remettre de l’ordre dans sa vie et sauver son couple.
Cette comédie exemplaire avait toutes les chances de triompher deux ans à Broadway, dans une nation où le mensonge reste l’un des péchés les plus honnis. Mais pêcher par omission, est-ce vraiment mentir ? Si l’adaptation surfe sur la question, la mise en scène ne manque pas d’en tirer parti. La stupeur causée par l’aveu n’a d’égal que les tremblements au regard de ses conséquences, un régal pour les comédiens très investis dans leur rôle. Une comédie légère et sans prétention déjà plébiscitée par le public.
M-P P., Spectacles Sélection, 13 septembre 2017



ToutelacultureJean Luc Moreau met en scène un texte de Joe Di Pietro auteur américain contemporain à succès. Le casting parfait garantit une soirée de théâtre réussie où l’on rit et où l’on pense à chacun de nous.
Le théâtre privé de comédie est parfois le lieu d’un théâtre contemporain pertinent. Transgénérationnelle et psychanalyse-friendly « Confidences » est une pièce drôle et brillante sur le secret, sur les silences et sur la valeur acquise par les paroles lorsqu’elles sont enfin entendues.
Une mère sent toujours ce qui ne va pas et lorsque Florence (belle et lumineuse Marie Christine Barrault) apprend que Georges, son mari a battu leur fils au tennis, elle décide de mener l’enquête. Elle invite son fils et sa bru le soir même pour savoir ce qui se passe.
La soirée va produire par le truchement de révélations inattendues plus qu’elle ne pouvait le prévoir.
La comédie de Joe Di Pietro a remporté un beau et long succès à Broadway. Elle s’inscrit dans cette modernité américaine où on idolâtre l’authenticité, la sincérité, l’aveu. Cette société post-freudienne semble redécouvrir à chaque fois que certaines choses valent mieux d’être dites. Et que les mensonges ne sont que des caches misères de non-dits et d’intuitions cachées.  Sans spolier car un des charmes de la pièce consiste en des rebondissements qui symétriquement s’empilent, l’histoire est celle d’un fils qui va vivre comme sa mère trente ans plus tôt, dans une répétition et une compulsion névrotique, un même événement. Cet événement modifierait le cours de sa vie sauf qu’un aveu de sa mère, les choses connues inconsciemment opèrent différemment lorsqu’elles sont dites et entendues, dissout son envie de changement et le réengage dans sa trajectoire.
Au-delà, la pièce est un moment de rires et de joie, les personnages attachants. Marie Christine Barrault épatante incarne une mère aimante et malicieuse. Alain Doutey, remarquable de vérité, un père naïf et attendrissant ; le couple fonctionne dans une force comique parfaite. Arthur Fenwick incarne avec brio le personnage central du fils en recherche de vérité mais gaffeur, Claudia Dimier, plus vraie que nature, une bru fragile et forte à la fois. Les scènes cocasses se succèdent à rythme soutenu. Les quatre comédiens tiennent le rythme en sachant rendre compte magnifiquement de ce qui traverse chaque personnage et qui s’appelle l’amour.
David Rofé-Sarfati, Toute la culture, 7 septembre 2017


CultureTopsLe jeu formidable des acteurs, avec une mention spéciale pour Marie-Christine Barrault, solaire et énergique, et pour Alain Doutey, hilarant dans le rôle du père naïf et sensible.
Ils sont portés par le texte, et l’adaptation d’Eric-Emmanuel Schmitt qui, avec humour et gravité, offre des dialogues parfois très crus - certains diront vulgaires -, mais emprunts d’une certaine tendresse.
Les répliques fusent comme des balles de tennis et l’on rit beaucoup.
Les relations parents-enfants, tout comme la place que l’on donne à l’engagement et à la volonté qu’il faut mettre en œuvre pour le respecter, thèmes sensibles, sont traités tout en subtilité malgré le côté très « vaudevillesque » de cette comédie.
C'est une bonne pièce de « boulevard » sans porte qui claque.
Virginie Romefort, Culture Tops, 20 oct. 2017