Voyage en ascenseur
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Retrouvez Voyage en ascenseur d'un simple clic :

CultureBox : Le Mag, Leïla Kaddour, 28 juillet 2017

Outre-mer La Première Sortir, voir, écouter : les rendez-vous culturels des Outre-mer dans l'Hexagone7 juin 2018

France 2 : Télématin, chronique de JP Viaud, 16 juin 2018 

 

À noter : Jean-Erns Marie-Louise remplace Modeste Dela Nzapassara

 

TheatralMagazineUne cabine d’ascenseur qui file vers le rez-de-chaussée, à son bord une femme chic et un homme de ménage, balais, serpillères et seau en mains ; et c’est la panne ! Ils se retrouvent bloqués la veille d’un week-end de l’Ascension au deuxième sous-sol. Elle, très femme du monde, est l’épouse du PDG ; lui est à l’autre bout de l’échelle sociale. Cette situation imaginée par Sophie Forte, qui signe le texte, met en présence deux êtres qui ne se seraient sans doute jamais croisés et qui vont vivre quatre jours ensemble dans un espace réduit, sans eau potable, sans nourriture, sans toilettes. Une rencontre inimaginable, improbable, un choc de cultures aussi. Corinne Touzet nous fait beaucoup rire avec son personnage de bourgeoise angoissée. Très vivante, spontanée, extravertie, couverte de produits de luxe, elle affronte l’épreuve d’une toute autre manière que cet homme calme, mesuré au mental très fort que campe Modeste dela Nzapassara. Leur duo dans ce huis très très clos est équilibré bien qu'antithétique, et permet de mettre en avant des sujets riches, amusants, importants comme les préjugés qu’ils ont l’un sur l’autre. Enfermés dans un espace aussi réduit qu’un ascenseur, il faut le talent d’Anne Bourgeois à la mise en scène pour rendre vivant et jamais ennuyeux l’heure et demie que nous passons avec eux. On serait presque gagnés de panique à notre tour si le dénouement ne survenait !
François Varlin, 22 juillet 2017


Reg'ArtsUn de ces voyages qu’on ne trouve pas dans une agence. Un voyage dont on sort différent.
 Nous sommes un vendredi en fin de journée, les employés ont quitté les lieux et dans le dernier ascenseur la femme du patron, Juliette, se retrouve avec Moctawamba, un technicien de surface.
Mais l’engin se bloque au deuxième sous sol et n’avance plus, ne répond à aucune sollicitation, même le système de sécurité à pris le large, plus personne ne réplique.
Dans cet univers clos, étanche est flippant ; quand on est coincé à l’intérieur, comment faire pour en sortir surtout le temps d’un week-end en entreprise, quand tout le personnel a déserté.
Une solution ne pas prendre cet outil ce jour là, si c’est possible. Si vous ne pouvez faire autrement alors c’est la grande aventure qui peut s’ouvrir à vous.
Alors il va falloir faire face... elle dispose de peu de moyens, elle est peureuse, hystérique, angoissée... peu habituée à être confrontée à des problèmes. Elle panique tout de suite.
Lui l’Africain est habitué à se confronter à des difficultés, c’est son quotidien. Sans parler qu’en Afrique, les obstacles c’est aussi une réalité, l’eau, la chaleur, l’absence de nourriture il sait faire face...
D’entrée de jeu, une fois ses cris passés, c’est lui qui prend la main, mais autrement, il ne s’agit pas de se battre contre on ne sait quoi mais de construire un présent, de vaincre les problèmes réels les uns après les autres, la soif, le sommeil, la faim...
Faire fuir les peurs, apprivoiser l’obscurité, enfin, ce qui est une gêne.
Grandes leçons que reçoit la femme du patron, grande leçon d’humanité, d’humilité d’amour entre les peuples, de respect mutuel aussi...
Lui qui n’est ni griot, ni guérisseur, lui l’Africain de base, va simplement donner un bel enseignement à cette femme qui va devenir autre.
Sophie Forte aime les voyages, ses pièces sont issues chaque fois ou presque de la rencontre avec un peuple, avec des hommes.
Ici c’est l’Afrique rencontrée dans un ascenseur, c’est plus simple et plus facile.
Sophie forte a écrit une super pièce, Anne Bourgeois a fait une mise en scène des plus réalistes… elle a dû connaître la situation, c’est si vrai !
Corinne Touzet, dans le rôle de la femme du patron, un grand bravo, est saisissante de vérité, de justesse... quand à Modeste Dela Nzapassara il est prodigieux. Quelle délicatesse, quelle intelligence, un bien bel Africain, un cœur énorme.
Jean-Michel Gautier, Reg'Arts, juillet 2017

Webtheatre2 étoiles Entre deux étages
C’est la panne qu’on redoute tous : être bloqué dans un ascenseur, avec, de surcroît, un inconnu. Sophie Forte, qui sait ce que l’art comique veut dire (c’est-à-dire aller au-delà du simple divertissement), amplifie la difficulté : dans sa nouvelle pièce, les deux personnages immobilisés sont une bourgeoise blanche et un prolétaire noir. Ce n’est pas vraiment leur couleur de leur peau qui les oppose, ce sont deux personnes bienveillantes. C’est leur différence sociale qui les tient à distance. Elle, c’est la femme du patron et elle se fait bêtement prendre au piège de l’Ascension (il n’y a plus personne dans l’entreprise où elle est venue voir son mari ; celui-ci n’y est pas et aucun technicien ne viendra réparer l’ascenseur avant deux jours). Lui nettoie les bureaux, humble parmi les humbles ; il n’a aucun pouvoir mais il sait que le patron drague sa secrétaire, c’est quand même un atout pour accabler la pauvre femme ou pour se montrer au contraire compatissant. La femme supporte mal l’enfermement, s’énerve, se met en colère. Lui est plus patient, plus compréhensif. Ces deux êtres que tout séparait vont éprouver l’un pour l’autre une véritable amitié.
La situation évoque de loin, de très loin, « Le Métro fantôme » de LeRoy Jones, pièce historique de la révolte de l’intelligentsia noire américaine des années 60. Mais Sophie Forte évite le contexte véritablement politique, comme elle évacue l’arrière-plan fantasmatique. Elle centre cette rencontre autour des thèmes de la solitude et de la fraternité. Elle conte cet instant avec une juste sensibilité, sans moralisme, sans démagogie. Anne Bourgeois, qui ne sait pas rester à l’extérieur de ce qu’elle met en scène, fait briller tout ce qui est drolatique et tout ce qui est poignant. Modeste Dela Nzapassara est tout à fait rayonnant. Corinne Touzet, qui a pris ici le risque de changer de répertoire et de jeu, compose une analyse très fine du rôle, tout en allant loin dans l’art de faire rire des grands et petits malheurs du personnage. Chacun envoie au tapis, dans l’élégance, la bêtise raciste.
Gilles Costaz, Webtheatre, 25 juillet 2017