L'Ombre de Stella
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  • sur France Inter, Le Nouveau Rendez-vous, 25 mai 2017  

 

LesEchosLes drôles de fantômes de Barillet et D’Arcangelo
« L'Ombre de Stella », à l'affiche du Rond-Point, est un spectacle intrigant à plus d'un titre. D'abord parce qu'il s'agit d'un monologue inédit de Pierre Barillet (sans Jean-Pierre Grédy), d'une teneur plutôt sombre, très éloignée des grandes comédies de boulevard du duo, telles « Potiche » ou « Fleur de cactus ». Ensuite parce que l'histoire de Stella, star de cinéma et de théâtre sous l'Occupation, racontée par son ombre, Mylène, amie secrétaire souffre-douleur (actrice elle aussi à la base), remue des souvenirs acides sur l'attitude ambiguë du monde du spectacle sous l'Occupation nazie. Enfin et surtout, parce que le rôle de cette Mylène écorchée vive, confessant à un magnétophone sa relation d'amour-haine avec la star, est incarné par un comédien travesti, Denis D'Arcangelo.
On peut trouver vintage l'argument, mais Pierre Barillet, fringant jeune-homme de 93 ans, ressuscite avec finesse, ironie et un brin de tendresse les fantômes de ce passé trouble. Stella rappelle plusieurs femmes célèbres (Marie Bell) ou oubliées (Michèle Alfa, Alice Cocéa, Corinne Luchère) très en vue dans les années 1940, réhabilitées ensuite... ou non. Mylène (vaguement inspirée d'Arletty et de Ginette Leclerc) charge et innocente tour à tour son amie, révélant les contradictions de l'âme humaine, quand sont en jeu la passion et le pouvoir.
Monstre de nostalgie
Familier des rôles de travesti - créateur notamment du personnage de chanteuse de cabaret Madame Raymonde - Denis D'Arcangelo montre ici l'étendue de son talent. Le comédien se réinvente totalement en Mylène, personnage haut en couleur, certes, mais avant tout femme brisée. Evitant la caricature, il parvient en même temps à faire rire et à émouvoir, transcende les genres, pour incarner un monstre de nostalgie et de désespoir.
Thierry Harcourt le dirige avec sobriété. […] Le soir de la première, D'Arcangelo (sur la scène) et Barillet (dans la salle) ont eu le droit à une ovation du public - conscient d'avoir vécu un drôle et troublant moment de théâtre à l'ombre de Stella.
Philippe Chevilley, Les Echos, 22 mai 2017


Le Journal du CentreDans les coulisses de la performance de Denis d'Arcangelo
Avant d’être jouée au théâtre du Rond-Point, à Paris, la pièce "L’Ombre de Stella" a été préparée et présentée en avant-première à Nevers. Seul(e) en scène, Denis d’Arcangelo y est étonnant.
Depuis 30 ans, il est Raymonde. Et force le trait. Entrer dans la peau d’une femme est une seconde nature pour lui. Mais avec L’ombre de Stella, Denis d’Arcangelo change de registre. Il est femme. Simplement. Une femme blessée. Une actrice de second rôle devenue amie, amante puis esclave d’une star qui a connu ses heures de gloire dans les années cinquante.
Denis d’Arcangelo est Mylène. Et si elle raconte Stella, c’est pour les besoins d’un livre. Seule en scène, elle s’enregistre. La performance est étonnante. En 1h15, le passé défile. Les joies, les peines, les coups tordus, l’amour perdu, les humiliations. Elles se sont rencontrées sur un film de série B, Typhon sur Macao. Mylène avait une scène où elle giflait Stella. C’est bien la seule fois où elle a pris le dessus sur Stella qui lui a pourri la vie. Elle a de quoi la haïr. Mais pourtant elle l’aime, comme elle l’exprime dans un poignant cri final.
Jouée en avant-première, mardi dernier, à la MCNA, après quelques jours de résidence à Nevers, cette pièce de Pierre Barillet sera créée mardi 16 mai, au théâtre du Rond-Point, à Paris. Mis en scène sobrement par Thierry Harcourt, ce texte a été écrit par Pierre Barillet en 1991. Pour une femme. Pour Denis d’Arcangelo, à l’évidence.

Philippe Dépalle, Le Journal du Centre, 8 mai 2017


AFPUne pièce savoureuse du maître du boulevard Pierre Barillet au Rond-Point
Le Théâtre du Rond-Point donne jusqu'au 11 juin une pièce douce-amère, portrait d'une actrice compromise sous l'occupation, qui porte la marque savoureuse de son auteur Pierre Barillet, grand maître du théâtre de boulevard.
Pendant 40 ans, "Barillet et Grédy" ont régné sur le théâtre dit "de divertissement" avec des pièces portées par les stars du moment, comme Jacqueline Maillan ou Sophie Desmarets. Leurs oeuvres traversent le temps, comme on a pu le voir avec "Fleur de Cactus", reprise à partir du 16 mai par Catherine Frot et Michel Fau au Théâtre Antoine, ou "Potiche", adaptée par François Ozon au cinéma avec Catherine Deneuve (2010).
A 93 ans, Pierre Barillet était présent, bon pied bon oeil, pour la première de "L'Ombre de Stella" mardi soir.
Les rires fusent souvent dans la salle, même si l’oeuvre est plus mélancolique que comique. C'est Mylène qui parle, la secrétaire particulière, gouvernante et bonne à tout faire de la "star", Stella. Mylène c'est la femme de l'ombre, méprisée, humiliée mais profondément attachée à Stella, personnage égocentrique au coeur de pierre.
Stella ne connaît pas d'éclipse pendant l'occupation, au contraire, elle joue et elle tourne. Au prix de quelques compromissions qui lui vaudront un procès à l'épuration.
Pierre Barillet a écrit sa pièce en expert de cette période, qu'il a décrite dans "Quatre années sans relâche", un essai sur la vie théâtrale pendant l'occupation allemande.
Au-delà du contexte historique, passionnant, "L'Ombre de Stella" est une histoire d'amour entre deux femmes, l'une portée par l'ambition et l'autre dévorée de jalousie et de rancoeur.
Tout l'art ciselé de Pierre Barillet est dans les réparties cinglantes de Mylène ("elle avait la gueule disloquée comme un Picasso").
Denis D'Arcangelo, travesti avec embonpoint et perruque brune, incarne à merveille cette Mylène gouailleuse et féroce contre sa maîtresse réduite à l'état de légume.
Le comédien est un habitué du travestissement, avec son personnage fétiche "Madame Raymonde", dont les spectacles tournent depuis 2001.
Thierry Harcourt signe une mise en scène efficace, avec un plateau presque nu où trône le magnétophone auquel Mylène confie ses mémoires, subtilement éclairé selon les émotions du personnage.
Marie-Pierre Fery • 17 mai 2017


TheatralMagazinePierre Barillet a écrit ce monologue au début des années 1990, à l’époque où se passe l’intrigue. Mylène Janvier, l’héroïne, vient d’empocher 50.000 francs pour écrire ses mémoires. Non pas que ça vie puisse intéresser quiconque, mais elle a été l’assistante d’une star désormais sénile et défraîchie : Stella Marco.
Pour jouer cette « ombre », Denis d’Arcangelo revêt une perruque différente de celle qu’il porte habituellement dans son personnage de Lady Raymonde. Mais, encore une fois, il joue la féminité à la perfection, des gestes aux intonations, de la sensualité à la grâce.
Plus d’une heure durant, elle enregistre ses souvenirs sur un magnétophone. Très loquace, elle revient sur des passages marquants d’une vie faite de drames et d’excès, de théâtre, de cinéma, de guerres et d’amis douteux. L’éventuelle collaboration, les grands rôles, la chute et les anecdotes : on ne se lasse pas de ces situations à la fois très humaines et grotesques où l’on imagine une immense star – peu importe laquelle – dans ces instants ubuesques.
Ce texte touchant pourrait sembler léger de prime abord, mais il se révèle avec la mise en scène de Thierry Harcourt d’une belle complexité. Il est un plaidoyer pour la nuance aux accents humoristiques. Une fresque allégorique encadrée de paillettes qui montre que la vie est nuance et qu’il faut se méfier des apparences…
Hadrien Volle, mai 2017


TeleramaSortirLe roi du « théâtre de divertissement » avait sous le coude un monologue de femme, inédit et écrit en solo… Le voilà enfin sur scène, confié à Denis D'Arcangelo, habitué à camper avec aplomb des rôles de gouailleuses. Sa Mylène Janvier, souffre-douleur de Stella, actrice inoxydable et caractérielle qui a composé avec l'occupation allemande et néanmoins réussi à relancer sa carrière après la guerre, est épatante. Visage cadré dans une haute perruque, jouant de son étole noire à fleurs jaunes, il/elle dégoise à foison sur « l'autre », désormais confinée dans la maladie. Le texte de Pierre Barillet charme parce qu'il retrace, par petites touches quotidiennes, une succession d'époques qu'il connaît par cœur : celle de la vie théâtrale parisienne des années 40 comme l'essor du théâtre de boulevard des années 50 et 60. [...]…
Emmanuelle Bouchez, Télérama Sortir, 24 mai 2017


CharlieHebdo Typhon sur Macao, 1937, une tourmente cinématographique pour starlettes en vogue… Deux femmes sur une photo de tournage, actrices à la destinée différenciée, mais aux chemins de vie associés, l’une deviendra célèbre, au cœur de la guerrière occupation nazie, l’autre deviendra son ombre, opacité ouvrière et dévouée. Entre amour et haine, leurs relations seront celles d’une star, construisant son statut de vedette sur d’indélicates compromissions, avec sa secrétaire particulière, silhouette qui ne vivra que dans l’envie, la passion et la rancœur… Mais l’amitié amoureuse finira par prendre le dessus.
Denis D’Arcangelo, dans son incarnation travestie de Mylène, compagne effacée de Stella, nous offre la quintessence d’une interprétation gouailleuse et tragi-comique. Ni masculin ni féminin, son jeu évite la parodie, laissant la place à l’humour, parfois acide, et à l’émotion. Une mise en lumière de la complexité des rapports humains passionnés qui grandissent autant qu’ils détruisent.
Gil Chauveau, 31 mai 2017


ANousParisVous souvenez-vous de Denis D’Arcangelo alias Madame Raymonde ? Mais si, ce comédien protéiforme (révélé dans Les Nuits fauves de Cyril Collard) capable d’incarner avec un même bonheur Le Roi Lear ou Lady Raymonde dans une mise en scène de Juliette… Ça vous revient ? Le voilà de retour avec un monologue de femme inédit signé Pierre Barillet. Une histoire d’amour-haine et d’ambition, calibrée pour nous révéler les coursives souterraines d’un âge d’or révolu : cette époque d’avant-guerre où les déesses scintillantes du cinéma s’appelaient Greta Garbo, Annabella, Alice Cocéa, Michèle Alfa ou Viviane Romance. Le destin ambigu de l’une d’entre elles, Stella Marco, nous est ici relaté par Mylène Janvier, actrice de complément devenue sa secrétaire particulière, sa dame de compagnie, son amie souffre-douleur puis son infirmière.
Parce que c’est bien payé et surtout parce qu’elle pourra (enfin) briller quelques instants, Mylène accepte de tout révéler sur “l’Autre”. Et ça dépote : quels abîmes et vertiges, quelles fascinantes obscurités !  Autant d’aveux gagnés sur les larmes d’une femme brisée, vampirisée, engluée dans une servitude volontaire qui lui coûta sa propre vie. Marius Strasser (scénographie) et Thierry Harcourt (mise en scène) ont misé sur un théâtre épuré où la maîtrise et l’intensité du jeu révèlent, hors de tout artifice, la vérité des relations humaines et des rêves qui s’abîment. Le choix est heureux : seul sur ce plateau nu, costumé par Michel Dussarat et subtilement éclairé par Jacques Rouveyrollis, Denis D’Arcangelo a ce qu’il faut de mordant, de gouaille et de sensibilité pour ressusciter ces stars oubliées, parfois promptes à faire des choix discutables durant l’Occupation.
Il nous empoigne avec un savoureux mélange de sagacité populaire et d’épaisseur humaine, et fait de ce monologue sans concession une épopée émotionnelle. Sombre et étincelante.
Myriem Hajoui, 5 juin 2017


LHuma« L'Ombre de Stella » plane toujours sur la scène
Denis D’Arcangelo, dirigé par Thierry Harcourt, endosse le costume à paillettes d’une diva au passé poisseux imaginé par Pierre Barillet. Drôle et grinçant.

Sur le plateau noir, un fauteuil design. Et une tablette de la même eau. Mais garnie d’un seau à champagne. D’une bouteille et d’une coupe. Lumières dorées. Idéal pour le souvenir d’une vie de paillettes. Pour résumer celle de Stella Marco. Un personnage sorti de l’imagination de Pierre Barillet, qui dans L’Ombre de Stella a voulu raconter les années de gloire d’une grande comédienne d’avant-guerre, amante d’un ou deux gradés allemands pendant l’occupation, puis après la prison, son retour sous les projecteurs, jusqu’à la fin proche. Pour l’heure, « le cœur ne lâche pas, il est vrai qu’il n’a pas beaucoup servi » lance perfide, Mylène Janvier. Sa gouvernante, « comme elle disait », sa dame de compagnie, sa presque amie, sa soignante des derniers jours, celle…
Mylène n’a jamais été la doublure, mais effectivement « l’ombre » de la diva. Se contentant des miettes, d’un petit rôle par ci, d’un beau mec par là. Devant un magnétophone elle raconte, se dévoile, se découvre, avec une fausse légèreté, un humour grinçant. Pierre Barillet, à qui l’on doit, avec la complicité de Jean-Pierre Grédy (deux noms longtemps indissociables au Boulevard) de brillants succès de légèreté comme « Potiche », « Fleur de Cactus » qui en ce printemps fait encore salle comble au théâtre Antoine, et que France 2 a transmis en direct le soir de la cérémonie des Molière, ou encore « Folle Amanda », a préféré viser cette fois le clair-obscur. Celui des non-dits, et des mensonges imparfaits.
Une sobriété caustique
Ici, on n’évitera pas de trouver des similitudes avec une certaine Arletty arrêtée à la Libération du fait de sa liaison affichée avec un officier allemand pendant l’occupation et à qui l’on prête cette sortie : « Si mon cœur est français, mon cul, lui, est international ! ». Bien que l’interprète d’« Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’Atmosphère? » dans Hôtel du Nord de Marcel Carné ne soit pas un seul instant évoquée, le hasard des rencontres a frappé. Car il se dit que c’est de cette même Arletty que s’est inspiré Denis D’Arcangelo pour son personnage truculent gouailleur et travesti de Madame Raymonde. Le comédien, dans la mise en scène sans excès de Thierry Harcourt interprète avec une truculence jamais outrée cette Mylène vieillissante.
D’Arcangelo à qui l’on peut parfois faire confiance pour la démesure, est ici d’une sobriété caustique. Jusqu’à émouvoir quand par exemple Mylène raconte la trouvaille d’une photo chez un brocanteur « au verso, il y avait écrit : Typhon sur Macao 1937 (le nom d’un film), Stella Marco, et un point d’interrogation. C’était moi le point d’interrogation » dit-elle. Parfait résumé d’une image trouble. Comme l’est cette « Ombre de Stella » portée par un comédien bien à l’aise dans ses escarpins.
Gérald Rossi, L'Humanité, 8 juin 2017