Françoise par Sagan
Accueil Entretien Caroline Loeb Presse Presse web Espace Pro


Retrouvez Françoise par Sagan d'un simple clic :


 


Figaroscope5 coeurs  Question de silhouette mince, question de perruque blonde, question de respiration, question d’allure, question de lumière qui change souvent et la laisse dans des clairs-obscurs, question d’empathie avec le « personnage », Caroline Loeb est une hallucinante Françoise Sagan dans ce spectacle qui a enthousiasmé le public d’Avignon l’été dernier et qui bouleverse celui du Théâtre du Marais. Mais ce qui compte le plus dans Françoise par Sagan, et c’est ce que veut Caroline Loeb comme le veut son metteur en scène, Alex Lutz, c’est que toute la place soit donnée aux mots de Françoise Sagan et qu’ainsi on la retrouve. Drôle jusqu’à la cocasserie, sombre, peu admirative d’elle-même, éperdue d’amitié, d’amour, de divertissement, mais se méfiant depuis toujours de tout cela qui fait la vie. Aimant cette vie, gamine ou prenant des risques. Écrivant et lisant depuis toujours. Préférant Racine, Stendhal, Proust à ses livres pourtant si enivrants. Caroline Loeb a adapté les entretiens recueillis dans l’ouvrage Je ne renie rien (Stock et Livre de Poche). Elle a resserré, pratiqué des ellipses, trouvé le bon rythme sous le regard d’Alex Lutz, les justes déplacements dans un décor minimal et élégant. Ainsi écoutons-nous la fragile et libre Françoise, de 1954, lorsque paraît Bonjour tristesse, à ses derniers mois. Ainsi admirons-nous l’intelligence et la sensibilité jamais démentie de Caroline Loeb. Un moment pur, simple, délicat, profond et drôle.
Armelle Héliot, Figaroscope, 26 octobre 2016

LaMarseillaiseLes seuls-en-scène fleurissent au coin de toutes les affiches agrippées aux murs de la ville. Le meilleur côtoie le pire : petit panorama  de l'excellence en la matière quand le seul-en-scène ne se confond pas avec le stand-up, art plus proche du cabaret que du théâtre.
[…] Mise en scène avec élégance et doigté par Alex Lutz, Caroline Loeb, perruque blonde et débit de paroles heurté et languissant, donne vie aux confessions de Françoise Sagan, réunies dans "Je ne renie rien" édité chez Stock.
On écoute avec une attention aigüe les propos souvent provocateurs d'une gamine devenue millionnaire très jeune, passionnée de littérature et qui s'est jeté à corps et à cœur perdus dans tous les excès : jeu, alcool, amours… "Le seul moyen, affirme-t-elle, de trouver une forme de repos".
Avec une nonchalance assumée, un sens de l'autodérision inhabituel chez les écrivains célèbres, la voilà qui confie fuir les journalistes et les séances photos, aimer jeter l'argent par les fenêtres, vivre à cent à l'heure, au risque d'en mourir. Ce qui a bien failli lui arriver lorsque sa voiture a dérapé, vitesse excessive oblige. On est ébloui par l'intelligence, la modernité de cette femme plutôt timide, clairvoyante face au temps qui passe.
Caroline Loeb, délicate comédienne, communique sa passion pour Sagan, femme atypique qui a refusé de se fossiliser dans le carcan de la célébrité, brandissant le droit à la futilité comme on relit les droits de l'homme. Et de la femme. Surtout de la femme.
Jean-Louis Châles, 27 juillet 2016


FranceInterCaroline Loeb dans l’intimité de Françoise Sagan
La ressemblance est frappante. On croirait voir Sagan sur scène. La même coupe de cheveux. La même gestuelle. Mais Caroline Loeb ne reproduit pas l’emballement du phrasé de la romancière. Elle joue calmement, posément. Du coup on entend Sagan comme on ne l’a jamais entendue.
[...] De son enfance à son addiction pour le jeu et pour la drogue à la suite de son accident de voiture en 1957 en passant par le succès qui la propulse sur le devant de la scène littéraire en 1954, ce spectacle est une promenade réjouissante dans la pensée de Sagan.
Stéphane Capron, FranceInter, 26 juillet 2016


LeParisien4 étoiles Avec Sagan, bonjour tendresse !
Caroline Loeb est Françoise Sagan au théâtre du Petit Montparnasse. Des réflexions d’une rare finesse.
Seule la lueur d’une cigarette brille au milieu de la salle, plongée dans l’obscurité. Et le texte part. C’est la voix claire de Caroline Loeb qui résonne. Mais les mots sont ceux de Françoise Sagan. Une série d’entretiens donnés de 1954 à 1992 par l’auteur de « Bonjour Tristesse ». Des mots qui percutent, bousculent, intriguent et font rire. Réflexions sur l’amour, l’argent, les gens. Le « drame amusant » qu’est la vie.

On découvre cette femme libre devenue célèbre à 20 ans et qui brûle la vie par les deux bouts. Elle aime la vitesse, la nuit, la fête. Le jeu. On découvre surtout une femme d’une intelligence rare. On est frappé par tant de lucidité. De tendresse, aussi.

L’interprétation de Caroline Loeb, mise en scène par Alex Lutz est toute en délicatesse. Elle campe cette petite femme, les épaules rentrées, mèche blonde et coupe au bol. Allongée par terre ou assise sur le comptoir, unique décor, comme un rappel des endroits que Sagan aimait fréquenter. Une parenthèse de réflexion d’une rare finesse. De laquelle on ressort grandi.

Pauline Conradsson, Le Parisien, 20 novembre 2017

 

TheatralMagazineUn peu de soleil…
Avec ce Françoise par Sagan, Caroline Loeb prouve qu'elle n'est pas seulement une bonne comédienne, mais aussi une grande comédienne. Sa composition du personnage de la romancière venue d'ailleurs, mi OVNI, mi ange déchu, autrice de Bonjour tristesse à l'âge de 18 ans, est magistrale. Boudeuse, les bras croisés, le regard bas sous un rideua de cheveux blonds, Sagan est là. Fragile. On la toucherait presque si ce n'était elle qui nous touchait au cœur par ses phrases mitraillettes qui véhiculent sa philosophie de la vie. Dans une scénographie ambiancée aux allures d'écrin, Sagan brille étrangement comme ces perles claires présentées sur du velours noir. Une boîte à Sagan. Car c'est bien une exposition de sa vie, avec ses emballements et ses désolations, dans des interviews données entre 1954 et 1992 que la comédienne a montées avec rythme, sans rien y adjoindre. Françoise Sagan se confie, Caroline Loeb la confesse. Sobrement, snobement, avec ce ton d'ennui qui n'appartient qu'à elle, elle expose ses propres logiques et ses contradictions, sa solitude aussi. La comédienne a su retrouver la tonalité de sa voix, son débit si caractéristique, sa moue désabusée, ses postures, et livre un texte à la ligne mélodique quasi musicale en forme de libre propos. Strictement dirigée par Alex Lutz, admirablement éclairée, le personnage lui va comme un gant.
François Varlin, novembre 2016


LAvantSceneCaroline Loeb aime les femmes de plume, les figures féminines qui écrivent comme elles respirent, avec le naturel brut et le sourire insolent des sages : George Sand (qui lui inspira un spectacle jalonné de chansons), la singulière Shirley Goldfarb (qu’elle ressuscita sous les traits de Judith Magre en 2000), aujourd’hui Françoise Sagan, dont elle devient le double discret et émouvant dans sa Françoise par Sagan, finement accompagnée par le regard d’Alex Lutz. Perruque courte, silhouette à la grâce de chat, parler tranchant, labile et sans appel, la comédienne rejoint l’écrivain en décochant avec élégance une série de déclarations-flèches, tirées de ses interviews publiées chez Stock sous le titre Je ne renie rien. Une sensuelle danse de l’esprit, qui ravive la flamme de cette merveilleuse brûleuse de vie.
Janvier 2017


FigMag Chère Sagan !
Une merveilleuse comédienne, Caroline Loeb, qui n’a pas sa pareille pour ressusciter de grandes figures de femmes de lettres – on se rappelle son évocation de George Sand ou son spectacle d’une Shirley magistralement interprétée par Judith Magre -, fait revivre actuellement Françoise par Sagan. Finement mise en scène par Alex Lutz, elle propose une adaptation d’extrait d’entretien menés par la romancière. Une vieille fidélité nous a amené à aller réveiller notre amour de jeunesse. On a passé un moment exquis, mêlé de joie et de mélancolie, à retrouver dans sa vérité notre « charmant petit monstre » (François Mauriac). Référence pour référence, nous préférerons le titre que donna Pol Vandromme à son beau livre sur Sagan : Françoise Sagan ou L’Elégance de survivre.
Car c’est bien à l’élégance de notre tendre héroïne qu’on peut rendre le plus bel hommage treize ans après sa mort, cette élégance dont ce spectacle atteste qu’elle a survécu au temps et au gentil dédain que continuent de lui vouer certains esprits forts. On oublie trop volontiers en effet l’extraordinaire précocité que Sagan montra en matière de morale lorsque parut en 1953 Bonjour tristesse ! Elle l’avait écrit à 18 ans. On dénonça ce livre comme l’ouvre du diable alors que, étranger à toute inspiration idéologique et à toute intention de révolte, il annonçait quinze ans avant 1968 le grand mouvement de libération des mœurs et des esprits. Sous la plume légère et joyeuse, sincère et lucide, on allait dire innocente, d’une enfant gâtée venue de la bourgeoisie, il exprimait le bon sens et l’amour de l’amour et de la vie. Par le truchement du roman, Sagan parlait au nom de tous les « charmants petits monstres » que sa sensibilité allait contribuer à libérer de leurs frustrations imposées par la morale de l’époque ; Sous le masque de la futilité, ce qui disait Sagan renvoyait aux souffrances de toutes la jeunesse : Sartre ne s’y trompa pas.
Elle fit les choses à sa façon, au risque de s’aliéner le crédit de l’intelligentsia. Sa façon, c’était l’insouciance et ce qu’elle appelait l’intensité. Vivre avec excès. « La bonne humeur, c’est ma nature. » Ce qu’elle dit par la voix de Caroline Loeb est d’une franchise, d’une modestie et d’une candeur désarmantes. En substance : j’aime les gens, j’aime la générosité, le respect des autres, la tolérance, la bonté d’âme, l’humour… Je déteste la violence, la misère, l’hypocrisie, la souffrance. Le langage d’une adolescente, dont elle avait la grâce. Et d’ailleurs, vous l’entendrez nous dire « Je voudrais avoir 10 ans. » Ou encore : « Je voudrais ne pas être adulte. » Chère Sagan !
Philippe Tesson, 6 janvier 2017


Caroline Loeb est actuellement sur les planches du Théâtre du Marais dans «Françoise par Sagan». Dans un jeu éblouissant de justesse et de vérité.
Au Théâtre du Marais se joue actuellement, chaque lundi et mardi à 19h, un spectacle singulier interprété par Caroline Loeb, nommé «Françoise par Sagan». Dans un seul en scène étonnant, l’ancienne star des années 80 devient la Sagan, romancière vibrante et passionnée qui a connu le succès à 18 ans grâce à «Bonjour Tristesse». En reprenant et adaptant les textes de «Je ne renie rien», Caroline Loeb fait revivre le symbole d’une génération désinvolte et bourgeoise, ce «charmant petit monstre» comme l’appelait en son temps François Mauriac.
Caroline Loeb fait son entrée sur scène dans un noir presque déroutant. Pas un soupir dans le théâtre. Le bruit court dans tout Paris que ce monologue est à la hauteur de l’attente. Isabelle Adjani et Pierre Bergé sont déjà venus applaudir celle qui enivre deux soirs par semaine le Théâtre du Marais. Une cigarette à la main, Caroline devenue Sagan commence sa litanie. Subtil, corrosif, mais bien souvent émouvant, le texte de la romancière fait écho à l’actualité et transporte le spectateur. Le désir, l’argent, la passion, la peur de la mort… la comédienne évoque tout et n’épargne rien. Alors on rit, on soupire, on pleure. Bref, on vit.
En 1954, lorsque Françoise Sagan rencontre le succès, elle est une jeune fille comme les autres. Ou presque. Elle est issue des quartiers chics, une mèche blonde lui tombe sur les yeux et surtout elle aime sortir, s’amuser et dîner avec ses amis. Sur la scène du Marais, Caroline est cette Sagan là, passionnée de vivre à tout prix, mais toujours sur le fil du rasoir.
Il est possible au départ que les bruits de la rue Volta viennent vous parasiter l’esprit. Le Théâtre du Marais n’est pas ce genre de salle où l’acoustique est parfaite, où l’isolation est irréprochable. Mais le charme opère. Car Caroline Loeb incarne avec précision, pour ne pas dire à la perfection la romancière. Chaque virgule est une respiration, les points une fragilité. Le mot est juste, l’intention est pleine. Après 1h15 de monologue, Sagan s’assoit, à nouveau une cigarette à la main. Elle lance alors une phrase devenue célèbre : «Si tout était à recommencer, je recommencerais bien sûr, en évitant quelques broutilles (…) Mais je ne renie rien». A voir et à vivre absolument.
Anthony Verdot-Belaval, Paris Match, 28 février 2017


NotreTemps Bonjour la joie
Un spectacle sur Françoise Sagan peut-il être drôle ? Oui, grâce au talent de Caroline Loeb qui révèle un aspect peu connu de l’auteure de Bonjour tristesse : un humour délicat et joyeux. Avec pour seuls accessoires un chemisier bigarré en soie et une perruque blonde, la comédienne fait revivre la romancière. Troublante de vérité, elle en a les gestes rentrés, le phrasé raide et la moue boudeuse. Mis en scène par Alex Lutz, le spectacle redonne voix au charmant petit monstre Sagan, très souvent moqué mais jamais égalé. Caroline Loeb a pour cela sélectionné des textes qui évoquent son enfance, son succès foudroyant en 1954, son amour de la vitesse, son goût de l’amitié… Autant de petites perles à l’humour délicat que le temps n’a pas terni.
2 mars 2017