Henri IV, le bien-aimé
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figaroscopeUne fresque rigoureuse et jubilatoire. Daniel Colas, directeur du Théâtre des Mathurins, est un auteur dramatique qui aime puiser ses thèmes dans l'histoire. Après une Charlotte Corday réussie, il donne avec Henri IV le bien-aimé une fresque rigoureuse quant aux faits, et jubilatoire pour les comédiens. Le dramaturge et metteur en scène offre aux interprètes de très beaux moments. Un décor sobre de Pace, des costumes superbes de Jean-Daniel Vuillermoz et une troupe d'excellence comblent le spectateur. Louons la subtilité de Maxime d'Aboville, Condé ambigu à souhait, la finesse de Xavier Lafitte, vigilant Bassompierre. Dans le rôle de Marie de Médicis, la belle et nuancée Béatrice Agenin est remarquable. La lourde partition du roi - qui tente de réconcilier les religions sans oublier de vivre, politique, réaliste, humain - est illuminée par le jeu, fascinant et original, maîtrisé et jamais pesant de Jean-François Balmer, un géant de l'art dramatique. Il donne à son Henri une ampleur shakespearienne. Armelle Heliot
 

parisienBarbe blanche et guêtres soyeuses, le toujours surprenant Jean-François Balmer ressuscite Henri IV chaque soir au Théâtre des Mathurins, à Paris. Quatre cents ans après son assassinat (le 14 mai 1610), le Bon Roi a droit à une pièce-fleuve (2h30 !), écrite et mise en scène par Daniel Colas, centrée sur les derniers mois de son règne.
La bonne surprise, c’est qu’on est loin, très loin, de l’imagerie habituelle du roi pacifiste et adulé, chantre de la poule au pot et fervent chrétien. Le Henri IV qu’on nous montre ici (Balmer, savoureux) est un incorrigible coureur de jupons, qui trompe allègrement la reine Marie de Médicis (Béatrice Agenin, digne) , marie la jeune duchesse qu’il convoite au très gay prince de Condé (Maxime d’Aboville, excellent), et s’apprête à déclencher une guerre en Europe pour récupérer sa belle, en fuite à l’étranger.
Avec ses superbes costumes et une mise en scène inspirée des tableaux de la Renaissance, où pas moins de 18 comédiens et figurants se croisent sur scène, « Henri IV le bien aimé » captive le public dans sa première partie, drôle, rythmée, passionnante. Colas y évite l’écueil du cours magistral, en racontant la petite histoire derrière la grande.
Thierry Dague

pariscope

Après une pièce réussie sur Charlotte Corday, Daniel Colas a écrit et mis en scène « Henri IV Le bien aimé ». On est loin de l'imagerie habituelle et populaire, du chantre de la poule au pot. Si la pièce est une fresque fidèle à l'histoire, elle ne traite que d'une courte partie de la vie du roi, les dix-huit derniers mois de son règne. Le Vert Galant, fin politique et habile stratège, était un coureur de jupons impénitent, et l'âge n'a pas modéré ses ardeurs. Sa dernière passion, son ultime folie, s'appelle Charlotte de Montmorency, une jeunesse d'à peine 16 ans. Pour la garder à la cour, il la marie à son neveu, le prince de Condé, plus connu pour sa préférence des jeunes gens. A la surprise royale, le jeune prince se réfugie avec armes et bagages, plus sa jeune épouse, aux Pays-Bas espagnols, l'ennemi héréditaire. Malheureux et furieux, Henri IV lève une armée pour déclencher une guerre en Europe et récupérer la jeune beauté. Le poignard de Ravaillac mettra fin à l'aventure. Dix-huit comédiens sur scène pour ce beau livre d'images, tous dans des costumes superbes signés Jean-Daniel Vuillermoz. Xavier Lafitte, Yvan Garouel, Jean-Yves Chilot sont les conseillers du roi, et Jean-Paul Comart, son onctueux confesseur. Maxime d'Aboville est parfait dans sa composition trouble du prince de Condé. Dans le rôle de Marie de Médicis la belle et excellente Béatrice Agenin. Coralie Audret est rayonnante dans le rôle de Gabrielle d'Estrées et Maud Baeckett campe la lumineuse Charlotte. La troupe est menée par l'immense Jean-François Balmer. Barbe blanche, fraise bien repassée, tantôt tragique, tantôt bouffon matois, il donne à son personnage une ampleur étonnante. Sa composition est saisissante. Le décor sobre de Pace est inspiré des tableaux de la Renaissance. Un spectacle jubilatoire pour tout public.

 Arlette Frazier
 

directmatin«Un petit roi de Béarn devenu un grand roi de France.» C’est en ces termes que Jean-François Balmer dépeint Henri IV, personnage qu’il interprète au théâtre des Mathurins dans Henri IV, le bien aimé. Cheveux hirsutes et oeil pétillant, le comédien met son talent au service de cette figure avant-gardiste, défenseur de la liberté de culte, porteur de l’édit de Nantes et homme à femmes (deux épouses officielles, une dizaine de maîtresses) à qui l’on prête la célèbre injonction «Paris vaut bien une messe.»
«C’est un personnage truculent, contradictoire, formidablement sympathique», note Jean-François Balmer, féru d’histoire.
Et sur scène, le plaisir est palpable. Les dix-huit comédiens – fait rare pour une production du théâtre privé – tous majestueusement habillés par Jean-Daniel Vuillermoz, portent cette page de l’Histoire comme un récit d’aventure.

Une pièce historique populaire : Imaginée à l’occasion du 400e anniversaire de la mort d’Henri IV par Daniel Colas, directeur des Mathurins et metteur en scène, cette fresque historique est de ces immersions populaires et intelligentes dans les coulisses de la Cour. «Daniel Colas à travaillé d’arrache-pied. La plupart de mes répliques ont réellement été dites par Henri IV», note ainsi son interprète.
Mêlant récit sentimental, faits divers et projet politique (avec la pacification religieuse et le rêve d’une Europe unifiée) cette pièce offre une captivante leçon d’histoire de France.
 

lgtmJean-François Balmer, Henri IV, un roi de théâtre : le comédien incarne le monarque préféré des Français dans une pièce habilement composée par Daniel Colas qui met en scène une troupe d'une vingtaine de très bons interprètes autour du grand comédien.
Une fresque historique. Vingt comédiens sur le plateau des Mathurins. Des costumes superbes signés Jean-Daniel Vuillermoz (il avait conçus ceux de La Reine Margot, le film de Patrice Chéreau), un décor très simple et harmonieux d'Agostino Pace qu'animent les lumières imaginées par le metteur en scène lui-même, Daniel Colas. 
Directeur du Théâtre des Mathurins
, il est l'auteur de Henri IV le bien aimé. Colas ne débute pas dans l'écriture. On lui doit une Charlotte Corday qui fonctionnait bien et que joua sa fille Coralie Audret. Il est également l'auteur à grand succès international de Les Chaussettes, Opus 124, pièce qu'il avait mise lui-même en scène, réunissant deux comédiens immenses, Michel Galabru et Gérard Desarthe. Pour son rôle dans cette pièce qui parle des grandeurs et misères de la vie d'artiste, Michel Galabru reçut le prix Plaisir du Théâtre et le Molière du meilleur acteur en 2008. 
Daniel Colas a du métier
. Pour cette fresque vaste consacrée à Henri IV, le roi préféré des Français, il s'intéresse en particulier à celui qui tenta de réconcilier les catholiques et les huguenots. Il met en valeur l'homme de vision, qui n'a pas peur de batailler avec les nations voisines s'il le faut, mais qui rêve de paix intérieure. Henri IV est l'homme de l'Edit de Nantes, "le fondateur de la liberté des cultes" écrit Daniel Colas qui se souvient aussi de la formule "Paris vaut bien une messe". Henri IV ne s'embarrassa pas : les passages d'un culte à l'autre étaient politique.
L'auteur Colas a également
besoin de séduire
, de trouver une certaine légèreté,du sentiment et même du sexe : aussi dessine-t-il un Henri IV très amoureux, très séducteur. Il célèbre le Vert Galant.
Il y a dans la pièce, qui ne prétend à aucun lyrisme, mais au contraire cherche une
simplicité, une langue jamais triviale mais très accessible
, claire, non intimidante, une construction qui rappelle les grandes soirées de "La Caméra explore le temps" de l'époque de la télévision des Buttes Chaumont. C'est de bonne facture, même si l'on retrouve l'un des défauts des productions de Daniel Colas (Les Chaussettes exceptées) : c'est un peu long. Demeure un spectacle très plaisant, qui possède un bon rythme, qui séduit par la qualité remarquable de la distribution. Daniel Colas a réuni des comédiens sensibles, personnels et chacun mériterait d'être cité. Dans le rôle de Marie de Médicis, Béatrice Agenin impose son aristocratique intelligence et la sûreté de son trait -elle fut une grande de la Comédie-Française qu'elle quitta très jeune-; autre rôle féminin, Charlotte : la jeune Maud Baecker est fine et juste dans une partition difficile...Autour du roi, Bassompierre est interprété tout en subtilité, belle présence, par Xavier Lafitte, et Maxime d'Aboville compose avec subtilité, esprit le Prince de Condé. Louons Rosny par Yvan Garouel, Pierre Cotton par Jean-Paul Comart. Citons encore Jean-Yves Chilot, Epernon, Olivier Pajot, le Pape Paul V, Hubert Drac, Souchon, Bernard Tixier, un vieux batelier, Vincent Deniard, le géant Ravaillac. 
Vraiment une belle qualité de jeu. Dans la longue partition du roi Henri IV, cheveux volontairement blanchis, profil de Bourbon,
l'immense interprète qu'est Jean-François Balmer impose un personnage grandiose.
Il lui donne une épaisseur, une complexité dignes d'un roi shakespearien dans le raisonnement politique comme dans les faiblesses humaines, dans la lucidité comme dans le sentiment qui enivre, dans la gravité comme dans le rire. Très grand Jean-François Balmer, un roi de théâtre. Armelle Héliot, Figaro Blog